Témoignage de Mado
Par les circonstances de la vie, je me suis retrouvée, dés l’âge de trois ans, en orphelinats et familles d’accueils divers. Enfants dits « du Sauvetage », nous étions considérés à cette époque un peu comme « parias ». En conséquence, et plus que quiconque, une soif intense d’affection a marqué notre enfance et adolescence.
Aurais-je pu penser qu’autre chose qu’un mariage pourrait combler toute cette carence affective et me permettre ainsi de connaître ce dont je n’avais eu aucune idée jusque là : l’amour véritable, le bonheur vrai. Pourtant, après des expériences difficiles, j’ai dû me rendre à l’évidence que la réalité était tout autre. Après trois mois de mariage, j’ai sombré dans une profonde dépression nerveuse. Je n’en sortirai - pas indemne - que dix ans plus tard. Tentatives de suicide, hôpitaux neuropsychiatriques et maisons de repos ont jalonné cette période de ma vie. Traitements par narcoses, perfusions de tranquillisants, cures de sommeil étaient mon quotidien et ont eu raison de ma mémoire, puisqu’ils ont effacé tous mes souvenirs antérieurs à la maladie.
C’est pourtant à ce moment là que j’ai entendu parler de l’amour de Dieu. Et même si ce Dieu ne m’intéressait pas – j’étais dans un tel délabrement moral -, dés l’écoute de l’Evangile, quelque chose s’est éveillé en moi. Petit à petit, un bouleversement total s’est réalisé dans mes idées, mes conceptions, etc. Suite à la prière, j’ai été complètement guérie de ma dépression. Dépendante de mes médicaments depuis dix ans, j’ai arrêté instantanément tout traitement.
Alors que j’étais sur le point d’entamer un traitement contre la stérilité, j’ai eu la joie d’être naturellement maman de deux enfants. Par ailleurs, ce lien de mariage, si distendu durant toutes ces années, a fini par se rompre. Délaissées, désemparées, nous nous sommes retrouvées avec ma fille aînée âgée d’un an et demi et grande prématurée, en foyer maternel, ma seconde fille étant décédée trois jours après sa naissance. Bien que notre situation était des plus pessimiste, ce Dieu si merveilleux que je ne connaissais pas bien encore ne s’était, Lui, jamais désintéressé de nous. Tant et si bien que je peux affirmer que durant cette période cruciale de ma vie et jusqu’à ce jour encore, ce Dieu débordant de compassion et d’amour, loin de nous abandonner, nous a comblé, bien souvent au-delà du nécessaire. Seules ! certes, sur le plan humain mais dans ce domaine aussi le Seigneur a pourvu en nous donnant une place parmi les siens, des hommes et des femmes, scellés par l’amour du Christ, qui nous ont soutenues, épaulées, encouragées, aidées.
Non, je ne regrette rien, je n’ai aucune haine, car c’est grâce à la fournaise des épreuves que j’ai été attirée plus près du cœur de Dieu et plus profondément dans sa Parole, la Bible. Et c’est avec une pleine assurance que j’attends ce jour où Il me serrera dans ses bras d’amour, m’accueillant dans la Patrie céleste, sa sainte demeure. Car, là seulement et pour toujours, mon Sauveur et Seigneur essuiera toute larme de mes yeux, la mort ne sera plus, il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni douleur (Apocalypse 21.4).
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